Paul Biya contracte un prêt de plus de 55 milliards de FCFA pour l’achèvement du Complexe sportif d’Olembé

par Theophile Socgnia
Complexe sportif d’Olembé

Dans un décret signé le 16 février 2021, Paul Biya ordonne le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, à signer avec Standard Chartered Bank de Londres et BPI France Export, une convention de crédit d’un montant de plus de 55 milliards de FCFA pour le financement du projet d’achèvement des travaux du complexe d’Olembe à Yaoundé.

« Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire est habilité avec faculté de délégation, à signer avec Standard Chartered de Londres et BPI Export Finance une convention de crédit d’un montant de 84 101 978, 98 euros, soit environ 55 166 693 111 de Fcfa, pour le financement du projet d’achèvement des travaux du complexe sportif d’Olembé dans la ville de Yaoundé », peut-on lire dans le texte du chef de l’Etat.

Le chef de l’Etat intervient au moment où Magil, le constructeur canadien, fait face à une énorme tension de trésorerie pour mener à bien les travaux de finition de cette infrastructure sportive.

En effet, un pool bancaire ayant à sa tête Standard Chartered Bank de Londres et composé notamment de BPI France Export et UK Export Finance (UKEF) a ouvert une ligne de crédit global d’un montant de 220 millions d’euros, environ 144 milliards de FCFA pour le financement des infrastructures au Cameroun. A cet effet, le président de la République habilite le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, à signer des conventions de crédit avec ces institutions bancaires.

Le Stade ‘Olembé est un stade de football situé à Olembé au Cameroun. Il est en construction dans le quartier de Olembé près de Yaoundé, à environ 13 kilomètres du centre urbain. Le budget d’exécution initial de cette infrastructure était estimé à 163 milliards de francs CFA. C’est un ouvrage d’une capacité de 60 000 places couvertes, deux stades d’entraînement de 1000 places chacun, un lac artificiel, un gymnase, des terrains de tennis, de handball, de basket-ball, une piscine olympique, un hôtel 5 étoiles de 70 chambres, plusieurs espaces commerciaux, un musée et un cinéma.  L’édifice est construit de manière que les spectateurs n’aient pas de contacts non prévus avec les athlètes. Chaque groupe peut agir dans sa zone sans interférer l’activité de l’autre.

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Début février courant, l’entreprise a annoncé l’attente de 17 milliards de FCFA pour achever le chantier. On se rappelle que le 29 novembre 2019, le ministre des Sports et de l’Education Physique, Narcisse Mouellé Kombi, signait une note portant résiliation du contrat avec Gruppo Piccini, entreprise italienne, chargée préalablement de la construction du stade d’Olembé, au profit de Magil. L’entreprise canadienne devait donc parachever les travaux.

Pourtant, dans un entretien accordé le 3 décembre 2019 à la CRTV, le média public, Franck Matière, représentant de Magil au Cameroun, confiait que «pour le cas des travaux du complexe sportif d’Olembé, Magil devait apporter le financement à hauteur de 100%. Ce qui veut dire qu’une fois la convention de financement et le contractuel signés, Magil, dans le respect des réglementations en vigueur, fait des tirages au niveau de la banque internationale mais la trésorerie publique et les fonds publics ne sont jamais appelés car nous apportons 100% de financement».

Malheureusement, cela ne s’est pas passé comme convenu, apprend-on de l’entreprise. Pour ces travaux, l’affaire de trésorerie ne devait pas se poser jusqu’à la livraison totale de l’infrastructure. Il était question pour l’entreprise de mettre sa trésorerie à contribution pour le premier mois, en attendant le soutien opérationnel du Cameroun et d’autres bailleurs de fonds internationaux. Engagé à fond à livrer l’infrastructure, Magil s’est engagé à veiller aux respects des contrats commerciaux qui lient les financements internationaux à l’Etat du Cameroun, puisque désormais, il était devenu son représentant pour ce type de négociation pour l’avancée des travaux à Olembé.

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Mais avec la contre-campagne de Piccini au niveau international, a-t-on appris, les portes des financements se sont fermées et Magil s’est retrouvé dans l’impossibilité de lever des fonds pour ce projet. Du coup, l’entreprise canadienne se retrouve en ce moment avec d’énormes tensions de trésorerie, et ne peut plus continuer de financer les travaux sur fonds propres. Elle s’est donc tourné vers l’Etat qui devait mobiliser des fonds de contrepartie de près de 7 milliards de FCFA. Il était aussi question de lever auprès des banques locales près de 10 milliards de FCFA et Union Bank of Africa (UBA) était prête à débloquer les 17 milliards de FCFA nécessaires pour l’achèvement du complexe sportif.

«Tant qu’on réalise travaux de lots technologiques qui appellent l’intervention de grues, on ne peut pas achever la piste», renseigne-t-on au ministère des Sports. Nul doute que ce nouvel endettement va alourdir la facture de ce complexe qui avoisinerait avec le contrat de Magil, 217 milliards de FCFA contre 166 milliards de FCFA initialement prévus avec PICCINI. Ce qui fait dire aux observateurs que ce complexe, dont la pose de la première pierre du stade a été faite il y a 12 ans, est le plus onéreux d’Afrique.

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