Réforme du Code électoral/Cabral Libii(président du PCRN) : «ce n’est pas important de savoir qui a eu l’idée en premier»

par Theophile Socgnia
Cabral Libii

Dans une interview accordée à la CRTV Radio le 06 avril 2021, Le président et député du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) pense que le plus important c’est de voir, que de nombreux acteurs politiques ont adhéré à leur initiative.

Question: Que reprochez-vous à l’actuel Code électoral ?

Cabral Libii: La question du bulletin de vote par exemple. Le fait qu’il y ait plusieurs bulletins de vote aujourd’hui fait que souvent, le marchandage peut avoir lieu. Parce que des gens réussissent, par des pirouettes qui ne s’expliquent pas, à sortir des bureaux de vote avec des bulletins de vote des autres partis politiques et aller se faire rémunérer sur présentation de ceux-ci. Ça c’est une chose qui fait problème.

Il y a la question de la production des documents préalables qui permettent de constituer un dossier, que le Code électoral ne règle pas. Par exemple les extraits de casier judiciaire, d’acte de naissance etc. Le Code électoral se contente de nous dire qu’il faut produire ces documents. Mais il est bien que le Code électoral mentionne que ces documents doivent être produits par ELECAM. Nous disons ça parce que, préalablement à l’obtention de ces documents il y a une procédure administrative, et souvent quand cette administration est municipale, votre concurrent peut s’abstenir de vous rendre le service public pour vous empêcher d’être son adversaire. Résultat des courses, on n’a pas ces papiers-là. Nous pensons donc que si ELECAM pouvait aujourd’hui s’occuper de ces problèmes-là, on aurait moins de problèmes.

Il y a par exemple la question qui n’est pas toujours réglée de la constitution des commissions. Lorsque vous allez dans les commissions, ce sont toujours les membres de l’administration qui y sont toujours plus nombreux et qui en sont les dirigeants. Et comme ce sont des agents de l’administration, ils se comportent toujours comme des personnes obligées de produire des résultats vis-à-vis de leur hiérarchie qui, généralement est militante quand eux-mêmes ne le sont pas. Voilà quelques exemples.

Question: Le système électoral que vous décriez a quand même consacré les uns députés et les autres maires !

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Cabral Libii: Ce n’est pas parce que les gens ont été élus sur la base d’un code que les insuffisances observées au bout de cette élection ne doivent pas être rectifiées avant la prochaine élection.

Question: Comment comptez-vous y prendre pour contraindre le gouvernement à suivre votre démarche ?

Cabral Libii: Je préfère que cette question, vous la posiez aux membres de l’opposition qui vous ont dit qu’ils allaient contraindre le gouvernement. Nous sommes en train de travailler à déposer sur la table de l’Assemblée Nationale une proposition de loi qui va contenir des éléments de rectification sur la loi en vigueur.

ELECAM même souhaite que le code soit amélioré, récemment j’ai vu que le DG d’ELECAM avait saisi les démembrements régionaux pour proposer des rectifications sur ce code. Donc, la question du Code Electoral, ce n’est pas une question qu’il faut mettre au cœur des antagonismes politiques. C’est une question de règles de jeu. Il y a eu une compétition qui a eu lieu, maintenant les participants à ladite compétition font un aggiornamento de la précédente compétition et veulent tomber d’accord pour les règles de jeu qui sont communes à tous les participants, y compris le RDPC.

Question: Qui était l’initiateur de cette démarche ?

Cabral Libii: Le PCRN a déjà rendu public un communiqué qui répond à cette question. Pour nous qui sommes à l’Assemblée Nationale, l’initiative de travailler sur le Code électoral a été prise sous la houlette de quelques partis politiques présents dans les institutions électives. Il y a le SDF, le PCRN, l’UMS et l’UDC. Celui qui a eu l’idée le premier, ce n’est pas important de savoir. Ce qui compte c’est que l’idée a prospéré et qu’elle a agrégé autour d’elle un certain nombre d’acteurs qui sont à l’Assemblée Nationale et en dehors.

Question: Est-ce l’accord parfait entre vous ?

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Cabral Libii: Pour le moment, on ne peut pas parler d’accord parfait. On ne peut pas non plus dire qu’il n y a pas d’accord parfait. Le processus est à son entame. On a jusqu’au 15 avril pour recevoir les contributions. Après, nous allons nous mettre ensemble pour s’accorder. Attendons que le moment de s’accorder arrive pour voir s’il y aura accord parfait ou pas.

Question: On s’interroge tout de même sur la durée de cette alliance pour une opposition qui a jusqu’ici, évolué en rangs dispersés.

Cabral Libii: Souffrez de me parler de ce qui s’est passé politiquement quand j’étais déjà né.

Question: Vous avez bon espoir que les autres formations politiques vous accompagnent dans cette dynamique ?

Cabral Libii: Je n’ai pas le moindre espoir à fonder sur les autres formations politiques. C’est un groupe de travail. Ce que nous voulons comptabiliser, ce n’est pas les formations politiques, ce sont les idées pour améliorer une loi.

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